Se procurer une arme non déclarée est une obsession pour certains. Je reçois régulièrement des messages d’anonymes me demandant comment procéder alors que je n’en ai évidemment pas la moindre idée ni le désir d’en savoir plus.

Néanmoins, le sujet mérite d’être traité pour éviter à certains de se mettre dans une position pour le moins dangereuse.

Voici l’exemple d’un email que j’ai reçu récemment :

« De nos jours, la majorité des citoyens et/ou survivalistes français utilisent des armes à feu pour leur protection rapprochée. Ils ont donc soit un permis de chasse soit sont inscrits dans des stands de tir.

Mais dans les deux cas, leurs armes sont référencées, enregistrées dans une base de données. Et en cas de guerre ou de crise majeure ne penses-tu pas que la première chose que feront les forces de l’ordre sera de réquisitionner toutes ces armes ?

Si c’est le cas, tous les gens qui comptaient dessus et qui s’entrainent depuis des années auront fait tout ça pour rien.

Voilà où je veux en venir, ne penses-tu pas qu’il est nécessaire d’avoir au moins une arme chez soi qui soit non référencée, même si cela est illégal ?

De mon côté, je suis convaincu qu’une arme ne sert pas à grand-chose si c’est la seule que j’ai et qu’elle est référencée.

Je cherche en vain des moyens de me procurer une arme non déclarée (pistolet compact de type Glock 19 par exemple) via un marché…bref tu connais la suite…Aurais-tu des pistes pour m’aider car je stagne depuis des années là-dessus. Merci à toi, merci pour ta confiance malgré ce sujet sensible. »

Etudions le discours et poussons la réflexion jusqu’aux conséquences d’une telle recherche, finisse-t-elle par s’avérer fructueuse.

La confiscation des armes détenues légalement par ordonnance gouvernementale

Les dispositions de l’article L. 2336-5 du code de la défense permettent au préfet, pour des raisons d’ordre public ou de sécurité des personnes, d’ordonner à tout détenteur d’une arme soumise au régime de l’autorisation ou de la déclaration de s’en dessaisir. Ces dispositions, si elles peuvent inquiéter, sont des dispositions normales de l’arsenal légal d’un Etat.

Le spectre d’une réquisition massive des armes des tireurs sportifs et des chasseurs en cas de crise n’est à mon sens pas un sujet qui devrait nous préoccuper.

Il y a fort à parier qu’en cas de crise majeure, les forces de l’ordre et l’armée auront des choses plus importantes et plus urgentes à faire qu’aller récupérer les armes d’une population respectueuse des lois -qui a fortiori les soutient massivement et pourrait s’avérer utile en cas de besoin.

La France compte environ 800 000 armes soumises à autorisation (catégorie B), et 2 100 000 armes soumises à déclaration (catégorie C). Ça fait beaucoup de monde à aller visiter et énormément de ressource à mobiliser, surtout pour récupérer majoritairement des carabines de chasse à verrou.

Une procédure de réquisition à domicile présente également des risques de résistance armée qui seraient contreproductifs et malvenus dans une situation déjà tendue.

Le contexte compte aussi : une telle procédure lancée dans un Etat où le gouvernement et la justice assurent très efficacement la sécurité des citoyens pourrait être comprise et acceptée (et encore, car assimiler armes de tir sportif et armes de combat est plus que discutable), mais nous sommes loin de ce tableau idyllique.

Quoi qu’il en soit, si tel devait être le cas, nous n’aurions pas d’autre choix que de nous soumettre à cette saisie. Si on en arrive à ce stade de tension et de décrépitude en France un jour, ce sera l’expatriation immédiate pour moi et ma famille. En tant que citoyen respectueux des lois je supporte mal d’être surveillé et privé de mes droits , je ne resterais donc pas pour voir la suite du programme de restriction des libertés.

Nous avons en France des droits et un cadre légal qui nous permettent d’acquérir des armes à feu pour pratiquer la chasse et le tir sportif. Se priver d’exercer ces droits est la façon la plus efficace de s’assurer de les perdre un jour, j’encourage donc tous ceux qui veulent acquérir une arme à feu pour pratiquer le tir à le faire de manière légale, ne serait-ce que pour leur propre sécurité.

Acquisition d’arme non déclarée et danger des réseaux de trafic d’armes

Le trafic d’armes existe, au niveau national et international. En dehors des réseaux de grand banditisme et des gangs de cités, il est (à ma connaissance) impossible de se procurer une arme non déclarée moderne (Glock, AK, AR, Uzi, etc.).

Premier problème, il faudrait donc pouvoir se rapprocher de ces milieux pour acquérir quelque chose de « sérieux » et les munitions qui vont avec.

Second problème, il faudrait s’assurer de ne pas se faire voler ou abattre au cours de la transaction.

Troisième problème, il faudrait pouvoir vérifier que l’arme est fonctionnelle et il y a peu de chance que le vendeur vous laisse l’essayer.

Quatrième problème, sans connaitre l’historique de l’arme à feu achetée illégalement, impossible de s’assurer qu’elle n’ait pas été utilisée pour commettre un braquage, un meurtre, ou les deux.

Cinquième, sixième, septième et huitième problème : il faudra ensuite trainer cette arme non déclarée comme un boulet, devoir systématiquement la cacher, ne pas pouvoir l’emmener au stand pour pratiquer le tir et se préparer à passer un sale quart d’heure quand la police déboulera chez vous à 6 du mat’ avec le bélier pour vous mettre en garde à vue dans le cadre d’une enquête et perquisitionner votre domicile pendant que vous êtes menotté en slip devant vos enfants terrifiés.

Il faudra également savoir quoi répondre et avoir de quoi le prouver quand on vous demandera où vous étiez le 6 avril 2017 à 22H45, date à laquelle monsieur et madame X ont été abattus d’une balle dans la tête à leur domicile par l’arme que vous avez acheté illégalement et que vous possédez donc depuis une durée impossible à prouver…

Sanctions prévues pour la détention illégale d’armes de catégorie B ou C

« Acheter, vendre ou détenir une ou plusieurs armes de catégorie B sans en avoir l’autorisation est sanctionné par une peine de prison de 5 ans et une amende de 75 000 €. La peine de prison est de 10 ans et l’amende de 500 000 € en cas d’infraction commise en bande organisée. » Et comme vous l’avez compris, cette peine n’est qu’une partie des risques encourus.

Au cas où vous vous poseriez la question pour la catégorie C : « Acheter, vendre ou détenir une ou plusieurs armes de catégorie C sans faire de déclaration est sanctionné par une peine de prison de 2 ans et une amende de 30 000 €. La peine de prison est de 7 ans et l’amende de 100 000 € en cas d’infraction commise en bande organisée. »

Chercher à détenir une arme illégale implique beaucoup de problèmes pour obtenir une chose que vous pouvez acquérir légalement et en profitant des conseils avisés d’autres tireurs, de moniteurs de tir et d’armuriers.

Jouir de votre liberté et de vos droits est la meilleure façon de les préserver.

Achetez vos armes légalement et apprenez à les manier sérieusement. A moins que vous ne cherchiez vraiment à savoir ce qu’est la survie en prison, sujet sur lequel je ne pourrais vous être d’aucune aide…

Légendat