Les attaques terroristes simultanées comme celles du 13 novembre 2015 à Paris deviennent de plus en plus fréquentes et meurtrières. Si les années 1990 nous ont habituées à des attaques à la bombe principalement dans les transports en commun, le mode opératoire de la nouvelle génération de terroristes de l’Etat Islamique est opportuniste et multimodal : attaques au véhicule-bélier, à l’arme blanche, à l’arme automatique, etc. Le gouvernement lutte pour protéger les citoyens mais le temps que les forces de l’ordre interviennent, il y a toujours de la casse.

Alors, comment pouvons-nous nous prémunir contre les attentats et survivre à un attaque terroriste ?

Le terrorisme est encore extrêmement rare comparé à d’autres crimes, mais son risque augmente et il devient rare de voir un mois s’écouler sans qu’une nouvelle attaque ne vienne grossir la liste. En outre, les actes terroristes tendent à être plus importants et remarquables que d’autres crimes en raison du choix arbitraire des victimes et des lieux touchés ainsi que des moyens employés.

Notre exposition à ces actes abjects s’élargit sous les pressions de la mondialisation et de la tolérance : les frontières sont ouvertes et les flux migratoires de populations à haut risque sont encouragés voire plébiscités par une partie de la classe politique et de la population, les déplacements internationaux sont faciles et la diffusion de technologies, d’idéologies et de compétences malveillantes va galopante.

Nous sommes tous exposés, donc nous ne devrions pas nous reprocher de penser à des précautions raisonnables dont la plupart sont applicables en cas d’urgence.

Minimiser son exposition aux attaques terroristes

Vous n’avez pas besoin d’être une cible importante pour qu’un terroriste vous attaque. Il suffit que vous ou vos proches vous trouviez au mauvais endroit au mauvais moment, par exemple à Nice sur la promenade des Anglais pour profiter du feu d’artifice avec vos enfants.

Pour minimiser les risques de vous trouver piégé dans un attentat, évitez les sites mal protégés et surpeuplés ayant une importance politique, économique, symbolique ou religieuse. Mêmes s’ils tapent aussi au hasard dans des circonstances qui ne semblent avoir aucun sens, les terroristes cherchent à maximiser les victimes dans les sites les plus importants afin de terroriser les gens là où ils se sentent le plus à l’aise.

Les sites les plus importants ont tendance à être bien protégés, mais on a vu ce que ça a donné le soir du 13 novembre 2015 lorsque le stade de France a été attaqué alors que le Président de la République se trouvait dans les gradins, ou encore au Bataclan qui disposait de mesures de sécurité « aux normes ».

Avec cette attaque ayant coûté la vie à 89 personnes, on comprend que les terroristes s’adaptent en ciblant les sites de valeur moyenne – ceux qui sont moyennement protégés mais avec une capacité d’accueil de centaines de personnes et avec une certaine importance politique ou économique locale.

Les bâtiments administratifs locaux, les mairies, les écoles, les commissariats, les cinémas, les théâtres ou les magasins type Fnac ou Printemps sont des cibles de choix et votre vigilance doit être à son maximum quand vous vous y trouvez, en particulier si vous y travaillez.

Vous pouvez minimiser votre exposition en passant moins de temps sur des sites à haut risque de la même manière que vous pouvez minimiser votre exposition aux accidents de la route en passant moins de temps sur les routes ou en modifiant votre itinéraire pour éviter les zones de danger.

Identification des issues

La base de la base quand vous entrez dans des espaces encombrés, c’est d’identifier les sorties qui s’offrent à vous en cas de problème, en particulier la sortie la plus proche, la plus rapide, la plus large et non électrique (pas d’ascenseurs, d’escalators ni de voie bloquée par une porte verrouillée électroniquement). Identifiez ces sorties au fur et à mesure que vous entrez, afin de ne pas avoir à les rechercher en cas d’urgence. Si vous vous rendez fréquemment dans un lieu à haut risque, n’hésitez pas à en dessiner le plan pour vous le remémorer facilement en cas de besoin.

En cas de fuite, n’utilisez pas les ascenseurs et ne vous dirigez pas vers les escalators : ce sont des goulets d’étranglements prompts à provoquer des attroupements de personnes paniquées. Privilégiez l’escalier principal du bâtiment s’il est dégagé ou empruntez les escaliers de service s’il y en a.

Si les portes donnant sur les escaliers sont verrouillées et que vous êtes sûr qu’aucune menace ne se trouve derrière, enfoncez-les. Pour enfoncer une porte efficacement, placez un coup de pied chassé au plus proche de la serrure et de la poignée. Si la porte résiste, tentez la même chose en tapant au niveau des gonds de la porte. Si elle ne bouge pas, trouvez une autre issue.

Discipline quotidienne

Si vous visitez un site à plusieurs reprises, entraînez-vous à entrer et à sortir par l’itinéraire le plus sûr, de façon à en faire un réflexe. Si vous devez fuir, ne vous laissez pas guider par la façon dont vous êtes entré simplement parce que c’est la façon dont vous êtes entré et surtout ne vous laissez pas aspirer dans la direction où la foule se déplace. Respectez votre évaluation préalable de la sortie la plus sûre à moins qu’une menace ne vous gêne. Parce qu’il vaut mieux prévenir que guérir, formez-vous aux premiers secours et intégrez votre IFAK à votre EDC.

Agir de manière décisive

Une fois que vous avez identifié une menace, fuyez immédiatement et ne considérez aucune autre action. En d’autres termes, n’y pensez pas, contentez-vous de réagir. Ne prenez pas le temps de considérer ce qui s’est passé. Certaines personnes ne feront rien – elles peuvent être surchargées cognitivement et être stupéfaites. Certaines personnes vont remettre en question ce qui se passe sous le coup de la surprise (« cela ne peut pas arriver »). Certaines personnes vont paniquer sans avoir à faire un seul choix. Ne faites pas partie de ceux-là et ne vous trouvez pas sur leur chemin.

Si vous êtes confiant, agissez immédiatement, respectez votre plan d’urgence et sortez le plus rapidement possible par la meilleure sortie. Après et seulement après, vous pourrez contacter les autorités pour avertir de l’attaque en cours et envisager d’aider les autres.

Se mettre à couvert

Si vous ne pouvez pas fuir, mettez-vous derrière la couverture la plus dure disponible, idéalement en béton armé ou en brique. Oubliez tout ce que vous avez vu dans les films. Ne comptez pas sur les tables, les voitures, les murs en aggloméré ou en bois, les appareils électroménagers ou les meubles, sauf pour vous cacher de la vue ou pour vous protéger des chutes d’objets.

Ne vous méprenez pas sur les métaux : La plupart des métaux dans les bâtiments et les automobiles sont de minces feuilles d’aluminium ou d’acier peu résistant qui sont facilement perforées par des balles et transformées en shrapnels par les explosions. Si les voitures sont votre seule couverture possible, positionnez-vous derrière les ailes ou le capot avant. Le bloc-moteur vous protégera de tous les calibres courants, en revanche le reste du véhicule sera perforé comme du beurre par les projectiles.

Éloignez-vous des fenêtres des bâtiments, qui sont facilement soufflées et transformées en milliers de projectiles lacérants. Soyez conscient que même si le matériel derrière lequel vous vous cachez est à l’épreuve des balles, ces dernières peuvent rebondir dans les coins avec assez d’énergie pour tuer. Si la menace est proche et/ou que vous soupçonnez un risque d’explosion, restez allongé sur le sol afin d’offrir le moins de surface possible aux projectiles qui se déplacent horizontalement.

Se cacher

Si vous ne pouvez pas trouver une couverture rigide, essayez de vous cacher de la ligne de vue des attaquants. Si vous trouvez une bonne cachette comme par exemple une remise, barricadez-vous à l’intérieur et essayez de joindre la police. Soyez patient et ne tentez pas de sortir de votre cachette même si vous n’entendez plus aucun bruit.

Le soir du 13/11/15 à Paris, 3 bombes ont été déclenchées à quelques dizaines de minutes d’intervalle dans le quartier du stade de France. Si vous êtes bien caché et qu’aucune issue dégagée ne s’offre à vous, restez à couvert jusqu’à ce que les hommes du GIPN, du GIGN ou du RAID viennent vous chercher.

Carte et chronologie des attentats du 13 novembre 2015

Fuir

Être découvert ou pris en otage par un terroriste a de grande chance de vous être fatal. Si en vous cachant vous identifiez une sortie dégagée et sûre, empruntez-la dès que les attaquants sont distraits ou occupés à recharger leurs armes.

Un tireur inexpérimenté et stressé va prendre entre 8 et 10 secondes pour recharger son arme, c’est votre fenêtre de fuite. Si vous devez jouer cette carte mais que vous avez les jambes en coton, je vous recommande de vous pincer ou de vous mordre le bras extrêmement fort pour bénéficier d’un shot d’adrénaline avant de vous lancer dans votre course. Gardez à l’esprit que courir en zig-zaguant et en vous baissant maximise vos chances d’échapper à d’éventuels tirs : les recul des armes automatiques tend à diriger les tirs vers le haut.

Si vous apercevez des membres des forces de l’ordre s’approcher de vous pour vous sauver ou pour faire face aux terroristes, présentez-leur vos mains paumes ouvertes, éloignées de votre corps (si vous avez une arme dans les mains, quelle qu’elle soit, jetez-là). Si vous le pouvez, signalez les menaces avec une main et identifiez-les verbalement.

Prendre le large

Une fois que vous avez fui le danger, suivez les instructions des forces de l’ordre et réfugiez-vous dans un endroit sûr ou maintenez la distance entre vous et les menaces. Ne restez pas en pleine rue ni derrière des vitrines, les explosions, les objets soufflés (shrapnels) et les balles peuvent parcourir plus d’un kilomètre en conservant assez d’énergie pour tuer.

Gardez à l’esprit que les terroristes préparent parfois une deuxième attaque sur la route par laquelle les survivants risquent de fuir la première attaque. Éloignez-vous des goulets d’étranglement (escalier du métro, escalators, quais, ascenseurs) et des espaces confinés. Si vous pouvez accéder à un hall d’immeuble d’habitations, engouffrez-vous dedans et réfugiez-vous au dernier étage de la cage d’escalier.

Rester en sécurité

Ne soyez pas tenté de quitter une zone sécurisée afin de voir ce qui se passe sur le site de l’attaque et n’y retournez pas.

Se battre

Si vous êtes confronté à une menace immédiate sans issue ni couverture, combattez avec tout ce qui est disponible et encouragez les passants à submerger le ou les attaquants.

Ne soyez pas un mouton de Panurge. Ne grossissez pas la déjà trop longue liste des victimes du terrorisme islamiste en France.

A vous de mener votre réflexion sur les objets et techniques que vous pourriez utiliser pour vous défendre vous et vos proches si vous vous trouviez piégé dans une attaque terroriste ou si vous étiez attaqué en pleine rue par un islamiste armé d’une machette ou d’un couteau.

N’hésitez pas à vous équiper en matériel de défense, cela peut toujours s’avérer utile. Si les bombes lacrymogènes et les matraques ainsi que les couteaux ne font pas le poids face à des armes de guerre, ces outils peuvent s’avérer efficaces dans beaucoup de situations. Les gaz lacrymogènes sont par exemple pratiques pour aveugler un tireur et contaminer des accès menant à votre cachette (couloirs, escaliers, ascenseurs). Quant au couteau…les terroristes nous ont démontré ces derniers mois que c’était loin d’être une arme inefficace.

RAPPEL A LA LOI : Le port et le transport des armes de catégorie D est réglementé. Consultez ici l’article de loi correspondant.

Préparez-vous.

Légendat