Protéger son domicile contre les intrusions est une démarche commune mais très souvent réduite à sa plus simple expression. Un ou plusieurs assaillants déterminés à s’emparer de vous et/ou de vos biens ne se laisseront pas dissuader par une porte fermée ni par une alarme. Notez que je parle ici de la défense des personnes et non de la défense des biens ; la nuance est très importante.

J’ai déjà abordé la question de la sécurité du domicile, mais nous allons ici aller beaucoup plus loin. Nous allons pousser la réflexion autour de 4 phases, qui correspondent directement à la proximité du danger : loin, proche, très proche.

1/ Le repérage

2/ L’intrusion

3/ Le plan de feu (réponse armée)

4/ La sécurisation des lieux

Dans toutes les situations d’urgence, votre cerveau est votre meilleure arme. Dans le cas d’une intrusion à domicile, le salut réside dans la préparation en amont car tout se passe très vite et souvent quand vous êtes en condition blanche (cf. mon article sur les états de vigilance). Passer en condition noire en quelques secondes nécessite une préparation mentale et tactique très sérieuse. Ce n’est pas en entendant votre porte d’entrée se faire fracturer ou en découvrant un inconnu au-dessus de vous en ouvrant les yeux qu’il vous faudra vous mettre à réfléchir au problème si vous tenez à la vie.

Dans cet exercice, je vous invite à prêter la plus grande intelligence à la partie adverse : sous-estimer l’ennemi est une erreur qui coûte très cher.

Maintenant que le sujet est clair, voyons comment défendre votre maison d’une invasion barbare.

01. Le repérage : Identifier et renforcer les accès extérieurs du domicile

Une des premières choses que vous apprenez en travaillant dans la sécurité est que si vous faites votre travail correctement, vous ne saurez jamais quand vous avez empêché un drame. La meilleure sécurité est celle qui dissuade complètement un attaquant de s’en prendre à vous. La plus grande part des cambrioleurs et des prédateurs en tous genres ne prendra pas le risque de s’attaquer à une cible dure, à moins d’avoir affaire avec des fous furieux, des désespérés, des drogués ou des abrutis (notons cependant que les prisons sont remplies des quatre).

Pour sécuriser les points d’accès à votre domicile, vous devez faire appel à votre bon sens avant tout. Idéalement on ne devrait pas pouvoir vous observer depuis la rue donc si votre portail est ajouré, soudez une plaque d’acier afin de le rendre occultant. Ne laissez jamais votre portail ouvert en dehors des entrées/sorties de votre véhicule et ne laissez jamais personne entrer chez vous au dépourvu (démarcheurs, passants « égarés », etc.)

Pensez à laisser vos rideaux tirés le jour et à fermer vos volets lorsque la nuit tombe. Je m’étonne toujours du nombre de personnes qui vivent sans rideaux, cela me sert d’ailleurs assez souvent de divertissement lorsque je suis désœuvré.

Garder votre extérieur bien éclairé et dégagé est utile à la fois pour dissuader les criminels et pour vous donner la possibilité de repérer des intrus très rapidement. Si vous avez de gros talus à proximité immédiate de vos fenêtres (5 à 10 mètres), étudiez la possibilité de les retirer en particulier si vous vivez dans une maison isolée. Vous ne voulez pas donner à ceux qui sont à l’extérieur de votre maison le bénéfice de l’effet de surprise. En ayant un périmètre dégagé sur 10 à 30 mètres, vous vous donnez l’avantage tactique. Ajoutez à cela une bonne couche de gravier bien bruyant à la foulée et vous aurez une alarme sonore en prime.

Un système d’alarme lumineuse (projecteurs puissants à détection de mouvements) est une mesure de sécurité classique et efficace à ajouter à l’extérieur de votre maison. J’ai vu certains bricoleurs coupler l’allumage des feux avec une alarme type corne de brume, efficacité garantie !

Les cambrioleurs et autres nuisibles sont attentifs et sensibles aux signes d’une sécurité accrue (stickers signalant une alarme ou des équipements de surveillance vidéo, un chien, etc.). Évidemment, les plus doués, les plus téméraires et les plus cinglés d’entre eux ne s’arrêtent pas là et savent généralement où chercher pour trouver le boitier de l’alarme. Pour cette raison, il est intéressant de déporter le boitier d’activation de votre système d’alarme loin de la porte d’entrée où les installateurs les placent généralement. Amateurs…

Si vous vous préparez à une situation dans laquelle le réseau électrique ou les services de téléphonie classiques ne fonctionnent plus, les options de sécurité dépendantes de l’électricité perdent de leur intérêt. Investir dans des alarmes autonomes sur piles et dans des optiques de vision nocturne comme le PVS 1011 peut être une bonne solution pour garder le contrôle de votre périmètre en toute discrétion. Installer des lampes à pétrole tout autour de votre maison pour garder votre extérieur bien éclairé est un plan peu pratique et peut être une excellente manière d’attirer tous les nécessiteux et tous les malintentionnés devant votre porte.

En plus des panneaux, des alarmes, des caméras et des lumières, les rosiers, ronciers, orties et autres plantes sympathiques pour la sécurité de la maison trouveront avec joie leur place sous des fenêtres ou d’autres points d’accès. En cas de risque d’être confronté à une voiture-bélier, j’aime aussi beaucoup les rangées de poutrelles d’acier amovibles plantées à un angle de 30° quelques mètres derrière un portail d’accès automobile.

02. L’intrusion : Sécuriser les points d’entrée du domicile

Prenez le temps d’étudier les différents chemins que pourrait emprunter un intrus pour pénétrer dans votre maison.

La première chose à faire est de vérifier l’intégrité des portes, fenêtres et volets de votre domicile. Les portes sont-elles capables de résister à un coup de pied ? à un pied de biche ? Combien de temps ? Les verrous sont-ils de bonne qualité ? Si ce n’est pas le cas, vous devriez consolider vos portes immédiatement.

Combien de fenêtres sont facilement accessibles depuis l’extérieur ? Y a-t-il une fenêtre ou une porte qui pourrait être fracturée sans que vous ne l’entendiez ? Y a-t-il des regards qui donnent dans votre cave et qui pourraient mener un intrus jusqu’à la porte de votre chambre pour vous surprendre dans votre sommeil ?

Pensez à ce genre de choses et mettez-vous dans la peau de quelqu’un qui s’introduit chez vous et qui ne connait pas les lieux. Est-il difficile de rentrer ? Une fois dedans, quel chemin emprunteriez-vous si vous ne connaissiez pas les lieux ? C’est le type d’exercice de visualisation que vous devez faire si vous prenez la sécurité de votre maison et surtout celle de vos proches au sérieux. Imaginez combien de temps tiendraient vos huisseries ou votre porte d’entrée si quelqu’un venait à les attaquer à la hache et au pied de biche. 1 minute, 2 minutes, 5 minutes dans le meilleur des cas ? Ça donne à réfléchir quant au délai de réaction que ce genre de situation impose.

Renforcez les fixations, les charnières, les verrous et l’épaisseur de vos protections extérieures pour contrecarrer les moyens les plus courants d’effraction. N’hésitez pas à ajouter des renforts à vos fenêtres, baies vitrées, volets et portes. Poser des films anti-effraction sur les vitrages est aussi une solution très intéressante pour ralentir des assaillants.

Faites un effort pour dissuader les effractions par les fenêtres difficiles à sécuriser. Les barreaux sont frustrants et pas toujours très esthétiques, mais il y a une raison pour laquelle ils sont installés devant tant de fenêtres.

Ne prenez pas les risques à la légère et ne sous-estimez pas vos adversaires. Il y a des gens très intelligents du mauvais côté de la barrière, et les plus dangereux sont généralement aussi les plus vicieux.

Toutes ces précautions ne feront que ralentir des assaillants bien équipés, affamés ou enragés (la combinaison des trois étant tout à fait possible). Soyez certains que malgré tous vos efforts, une personne déterminée à vous voler ou à vous tuer (ou les deux) finira par réussir à rentrer. C’est garanti.

Terrifiant n’est-ce pas ?

03. Le plan de feu : Sécuriser l’intérieur du domicile et planifier une réponse armée

Je vais parler ici de défense armée – comprenez arme à feu. Si vous pensez pouvoir défendre votre famille avec un couteau, une hache ou une arbalète ça vous regarde. Face à des adversaires équipés d’armes à feu, vous ne tiendrez pas une minute. Ce genre de délires est illusoire, inefficace et dangereux.

Puisqu’on parle d’illusoire et de dangereux, acheter un fusil ou une arme de poing et la placer au coffre en se disant qu’on est protégé est une erreur monumentale. Si vous envisagez de devoir vous servir de votre arme pour défendre vos proches, il faut vous entraîner à la manipuler et à vous déplacer dans des conditions similaires à celles auxquelles vous seriez confronté. Comme on le verra au fil de l’article, le combat rapproché est une discipline particulièrement complexe et dangereuse.

Préparation à la défense armée chez soi ou pas, les armes à feu doivent être stockées de manière sécurisée et surtout hors de la portée des enfants. Donc oubliez le tiroir à chaussettes, la table de nuit, sous le matelas… les armes à feu vont dans un coffre-fort, ne provoquez pas le drame que vous faites tout pour éviter. A vous de placer le coffre à portée utile en cas de besoin urgent.

Analyser la configuration de votre domicile est un point crucial dans la démarche de sécurisation. Identifier les angles morts, les entonnoirs de la mort, déterminer quelle est la pièce la plus sûre de la maison -ou on installera généralement les enfants- et mettre au point une procédure en cas d’effraction est primordial.

Votre foyer est protégé par deux lignes de défense : la première est constituée des murs qui vous protègent et la seconde de votre plan de réponse en cas d’intrusion.

Votre ligne de défense secondaire n’a de secondaire que le nom. Elle s’articule autour de votre comportement et de votre capacité à vous isoler des assaillants. Par exemple, en Afrique du Sud, il est courant de trouver des grilles de séparation à l’intérieur même des maisons : placées au début d’un couloir ou au bas d’un escalier, elles permettent d’isoler totalement la partie « nuit » (chambres, SDB) du reste du logement (salon, cuisine, etc). Ce système est peu répandu chez nous mais il est très efficace et constitue une excellente ligne de défense passive et contrairement à l’idée austère qu’on s’en fait, il existe des grilles très esthétiques qui pourraient même donner du cachet à votre intérieur.

Esthétique et fonctionnel.

Ce dispositif passif est très efficace pour vous protéger en verrouillant la partie nuit de votre habitation. Les attaques au gaz soporifique, assez répandues depuis l’arrivée des gangs de l’Est en France, peuvent être déjouées en partie grâce à ce système. Vous ferez malgré tout un gros dodo et la partie jour de votre maison sera vidée, mais vous ne vous réveillerez pas attaché à une chaise ou en découvrant que votre femme ou votre fille a été violée durant cette phase de sommeil de plomb.

Si cette option de la grille de protection que je considère comme excellente n’est pas possible dans votre configuration, il vous faut choisir une pièce dans laquelle vous pourrez vous verrouiller et sécuriser votre famille en cas de violation de votre domicile.

En cas d’intrusion, il est extrêmement important de rassembler votre famille dans une pièce choisie au préalable (de préférence à l’étage si vous en avez un), d’appeler immédiatement la police et de rester en ligne même si ça ne répond pas, de faire savoir en criant aux assaillants que vous êtes conscients de leur présence, que vous appelez la police et que vous êtes retranché et armé, prêt à faire feu s’ils tentent d’entrer.

N’allez JAMAIS à la rencontre des intrus.

En appliquant cette procédure, vous saurez que si les intrus tentent de pénétrer dans la pièce où vous vous trouvez, c’est qu’ils sont extrêmement dangereux et décidés à attenter à votre vie. Nul ne pourra contester la légitime défense si vous en arrivez à devoir faire feu dans ces conditions. Tant pis pour les assaillants s’ils n’étaient équipés que de pistolets d’airsoft ou de couteaux attrapés à la hâte dans votre cuisine.

J’ai eu l’opportunité de voir la maison d’un ex-chef de clan mafieux en Serbie. Un homme très ingénieux. Outre de solides grilles disposées de façon stratégique pour compartimenter les lieux, il avait fait installer des rampes entières de lampes stroboscopiques de très haute intensité et des machines à fumigène dans les pièces principales. D’autres pièces étaient piégées avec des dispositifs explosifs artisanaux disposés ça et là de manière très vicieuse (porte de placard, interrupteurs, mannequins avec bouteille de gaz en position de tir dispatchés ça et là…). Tout était commandé depuis une petite pièce forte contenant armes et vivres. Il avait de cette manière la possibilité de désorienter et de ralentir fortement voire de décimer les assaillants en cas d’intrusion.

Sans vous encourager à le suivre, cet exemple est assez représentatif du foutoir qu’on peut mettre chez l’ennemi avec de l’imagination, un peu de vice et une bonne préparation (cf. par exemple le passage sur le gaz lacrymogène de mon guide de préparation à la survie urbaine PHASE 8).

04. Combat rapproché : Maitriser des armes et techniques de sécurisation de pièces (room clearing)

Une fois en situation de stress dynamique intense, votre cerveau n’est plus votre meilleure arme : c’est sur vos réflexes qu’il faut compter. Tout ce que vous avez appris à faire en 5 secondes à l’entrainement vous en prendra 10 dans le meilleur des cas. Pour cette raison, il est essentiel de répéter les gestes nécessaires à votre survie de façon régulière et important d’apprendre à se calmer dans une phase de stress intense.

Dans le cadre de la défense personnelle armée à domicile, il est d’une importance vitale de savoir où se trouvent vos proches. Pour cette raison, il est indispensable d’établir une procédure où tout le monde se place derrière le tireur afin que la ligne de feu soit dégagée. De préférence à plat ventre et les mains sur les oreilles car faire feu dans un lieu clos sans que personne ne porte de protections auditives n’est pas anodin.

Tirer n’importe comment et n’importe où en cas d’intrusion dans votre domicile aura pour conséquence probable le décès d’un de vos proches : dans les maisons et appartements modernes, les murs sont fins et les balles traversent les pièces, ricochent, se fragmentent… il n’y a que dans les films que tous les gentils s’en sortent indemnes en faisant n’importe quoi.

Assurez-vous de vous entraîner avec votre arme et de varier les conditions de tir. Vous devez vous exercer à recharger, à éviter et résoudre les incidents de tir et à tirer avec un maximum de précision sous l’effet du stress et des tremblements. Encore une fois, ce qui vous prend cinq secondes à l’entraînement vous prendra une éternité dans une vraie confrontation, c’est comme ça que vous devez penser à ces engagements brutaux et imprévus. Comme vous vous en doutez, c’est dans cette configuration que les protections pare-balles sont le plus nécessaires.

En combat rapproché la vitesse, l’effet de surprise et la puissance de feu sont les clés de la victoire. Un assaut réussi repose sur une approche efficace au travers du chemin le plus dégagé. Les passages de portes, escaliers et autres goulets d’étranglement dans un bâtiment sont ce qu’on appelle des entonnoirs de la mort. À moins que le plan de vos assaillants ne consiste à passer au travers des cloisons pour arriver jusqu’à vous (ce qui est très peu probable), l’entrée dans une pièce se fait par la porte.

Voici un schéma explicitant ce qu’on appelle un « entonnoir de la mort » :

L’entonnoir de la mort s’applique aussi bien à l’occupant de la pièce qu’à celui qui se trouve en dehors.

Quiconque s’attend à une intrusion armée concentrera son attention et sa puissance de feu sur le lieu de l’entrée ou sur le chemin qui y mène, qu’il s’agisse d’une porte ou d’un couloir. Comme vous pouvez le constater sur le schéma, l’entonnoir de la mort présente un danger des 2 côtés, il est donc potentiellement aussi létal pour vous que pour vos ennemis.

Les longs couloirs sont très dangereux aussi : une fois engagé dedans, on est à la merci des tirs, en particulier de munitions de type chevrotine. Ces espaces n’offrent généralement pas de couverture suffisante pour s’abriter des balles, voire pas de couverture du tout.

Le premier en position de tir prend un avantage tactique certain sur son adversaire. Entrer et sortir indemne de ces entonnoirs est une compétence complexe qui demande de l’entrainement, de la vigilance, de l’expertise, d’excellents réflexes et beaucoup de courage.

Pour des raisons évidentes de sécurité, la sécurisation des pièces doit normalement être effectué par deux personnes au minimum : l’une couvre l’autre et plus d’angles de tir sont balayés simultanément. Seuls les professionnels du combat sont amenés à réaliser ce genre d’exercices au quotidien, avec bien sûr des outils spécialisés (grenades aveuglantes, assourdissantes et fumigènes, explosifs pour faire sauter les portes, etc.) et un équipement de protection balistique complet (gilet, casque, bouclier blindé, etc.) et généralement par équipes de 4 à 6 opérateurs.

Mais chez vous vous devrez probablement nettoyer les pièces par vous-même en caleçon et avec un simple fusil de chasse. Peut-être parce que vous serez seul, peut-être parce que vous voudrez que votre femme reste avec vos enfants, peu importe la raison. Vous aurez l’avantage de connaître la disposition de votre maison de fond en comble et il vous faudra prendre le temps de passer chaque couloir et chaque porte de la façon la plus sûre pour vous. C’est à ce moment-là que vous risquez de regretter amèrement de ne pas vivre dans un studio.

Si vous vous demandez pourquoi vous devriez procéder à cet exercice mortellement dangereux plutôt que de rester à l’abri, la réponse est simple : en cas d’effondrement personne ne viendra à votre secours et isolé dans votre pièce de repli vous n’aurez pas la capacité de savoir combien d’assaillants sont entrés chez vous. Il vous faudra donc vous assurer que vous êtes seuls dans les lieux avant de laisser le reste de votre famille évoluer de nouveau dans la maison.

Comme vous le susurre sensuellement votre petite voix intérieure à la lecture de ces lignes, nettoyer des pièces est effectivement une idée de merde. Un intrus caché dans une pièce a un énorme avantage tactique sur vous puisqu’il n’a qu’à braquer son arme vers la porte pour vous descendre quand vous la franchirez. Sauf que vous ne pourrez peut-être pas y couper… Vous entraîner sérieusement aux techniques de combat rapproché vous permettra de rétablir un certain équilibre des forces, mais l’exercice restera périlleux.

Le nettoyage d’un bâtiment par une personne seule nécessite entre autres une certaine furtivité et de s’exposer le moins possible à l’approche des portes. Concrètement, on va pivoter autour de chaque porte le plus rapidement possible afin de couvrir l’angle le plus large possible vers l’intérieur de la pièce. Ce procédé appelé slicing (faire des tranches en anglais) permet de récolter un maximum d’informations avant de se risquer à pénétrer dans la zone : silhouettes, ombres, meubles ou objets déplacés…

L’opérateur va pivoter autour de la porte en décrivant un arc de cercle de façon à scanner la plus grande partie de la pièce. On appelle cette technique le « slicing ».

Pour pénétrer dans la pièce ainsi pré-checkée de l’extérieur, vous devrez franchir la porte le plus rapidement possible aussi en étant prêt à faire feu immédiatement à la vue d’une menace sérieuse. Cette étape est aussi nécessaire pour vérifier que personne ne se cache dans les angles morts. Si vous soupçonnez qu’un assaillant vous attend patiemment caché derrière une porte, tirer dans la partie du mur derrière laquelle il est censé se trouver pourrait vous éviter de vous faire abattre ou poignarder en pénétrant dans la pièce. Il est également possible d’entrer en pré-shot, c’est à dire de commencer à faire feu en direction de la cible ou de sa position supposée avant même d’avoir franchi le seuil de la porte (plus efficace avec un chargeur très bien fourni…).

Comme je l’ai dit auparavant, les munitions modernes courantes traversent les cloisons comme du beurre et il ne faut pas hésiter à utiliser ce facteur comme un avantage tactique. Tant pis pour les murs, si vous en arrivez à ce stade mieux vaudra prévenir que guérir.

La pièce a été « slicée » mais l’opérateur soupçonne un piège. Au lieu de se risquer à entrer, il tire à travers le mur pour abattre un ennemi embusqué derrière la porte.

Notez qu’il n’est pas question ici de pourchasser des intrus qui cherchent à fuir (ce qui vous ferait passer de légitime défense à homicide volontaire). S’il y a tentative de fuite, ne l’entravez pas. Le but est de rester en vie. Un combat évité est une victoire.

Maintenant que vous avez pu vous imaginer en situation et que votre rythme cardiaque s’est emballé, vous comprenez à quel point il est important de tout faire pour éviter une confrontation à domicile en se concentrant sur la dissuasion et sur la sécurisation du domicile. N’attendez pas qu’il soit trop tard pour faire ce qui doit être fait.

La foudre vient. Entrainez-vous. Préparez-vous.

Légendat