La probabilité d’une pandémie est de plus en plus évoquée par les media. Si les articles que j’ai pu lire jusqu’ici sont plus des machines à clics qu’autre chose, il n’en demeure pas moins vrai que le risque d’une épidémie semble de plus en plus présent.

J’ai récemment discuté avec l’ex directeur général d’une grande firme pharmaceutique très connue, aujourd’hui à la retraite. Il m’a confirmé que selon leurs analystes, ce n’est qu’une question d’années avant que le monde ne soit confronté à une pandémie extrêmement violente contre laquelle nous n’aurons pas de moyens de lutte.

En d’autres termes, la mortalité de cette maladie encore inconnue sera extrêmement élevée et décimera des dizaines de millions de personnes…dans les scénarios les plus optimistes.

L’augmentation et la concentration de la population en zones urbaines surpeuplées, les habitudes sanitaires modernes (aseptisation à outrance et abus des antibiotiques = affaiblissement des systèmes immunitaires) et l’explosion du fret commercial et des flux migratoires en provenance de pays à risques sont, selon lui, les données d’une équation où nous finissons fatalement perdants.

Et croyez-moi, je ne suis pas facilement impressionnable mais quand ce bonhomme parle, on l’écoute.

A l’issue de cette discussion, j’ai commencé à creuser un peu plus le sujet. J’aimerais vous dire qu’il y a une solution miracle mais évidemment, ce n’est pas le cas. Vous trouverez ici quelques éléments de bon sens pour éviter la contamination et traverser l’orage sans prendre la foudre.

Pandémie et état des services

Une pandémie est une épidémie mondiale de grande ampleur qui peut se déclarer en quelques jours seulement et neutraliser temporairement ou définitivement une partie importante de la population. Concrètement, cela se traduira forcément par une paralysie de certains services et infrastructures et je ne parle de pas de l’épicier en bas de chez vous :

  • Les hôpitaux seront submergés, et ceux qui vivent dans les grandes villes comme Paris savent exactement de quoi je parle quand je dis qu’il ne faudra pas se trouver sur le chemin des sauvages violents et hystériques qui prendront les urgences d’assaut. Le personnel médical n’étant pas à l’abri d’être contaminé dès les premières heures de la pandémie, il faudra ajouter le manque de personnel au tableau.
  • Les pharmacies seront également très sollicitées et verront leur stock de médicaments s’évaporer presque instantanément. Sachant que les pharmaciens ont de moins en moins de stock et qu’ils auront affaire aux mêmes hordes de barbares que les hôpitaux, autant ne pas compter dessus.
  • Les secours (pompiers, SAMU, etc.) seront débordés et ne resteront opérationnels que quelques semaines au mieux en raison de la raréfaction des hommes valides.
  • Les services d’ordres seront décimés eux aussi et déployés pour maintenir l’ordre face aux hordes de charognards qui tenteront de profiter de la situation pour piller et plus si affinités (vu ce à quoi on assiste après une victoire de la coupe du monde, on imagine le comportement de la population dans de telles circonstances).
  • Les supermarchés seront vides 24h maximum après que l’alerte pandémique ait été officialisée au JT.
  • Les banques fermeront leurs portes et le retrait d’argent liquide deviendra vite impossible.

Je pourrais continuer la liste et développer jusqu’à atteindre les 250 pages et publier un bouquin pour couper les cheveux en quatre, mais vous avez compris le principe : en cas de pandémie, vous devrez vous débrouiller seul. Comme dans un cauchemar, mais en pire.

Oui mais Légendat, me diras-tu, le gouvernement distribuera tôt ou tard des médicaments et/ou des vivres. Alors cher lecteur, chère lectrice, je vais te demander de fermer tes yeux et de t’imaginer tes voisins ainsi que des dizaines de milliers de personnes massées dans les rues de ta ville en attendant qu’on leur distribue un pack d’eau ou une boite de Tamiflu.

Ressens-tu le doux parfum de l’impatience et du stress, la caresse lancinante de la violence d’une foule hystérique prête à exploser qui monte à feu doux ?

Je te laisse décider si tu as envie ou non de te trouver au milieu d’eux. Pour ma part, ce sera derrière une double porte blindée et du bon côté d’un calibre 12.

Pour cette raison, les rassemblements de personnes sont à éviter à tout prix. Dans le plan d’urgence pandémique déployé pour la grippe A (H5N1) en 2009, les grands bâtiments comme les gymnases municipaux devaient servir de lieu de stockage des cadavres avant incinération systématique. Les chiffres prévus à l’époque tournaient autour de 3000 corps par jour et par centre de traitement, ça donne une idée de ce qui pourrait nous attendre.

Pandémie et contacts humains

Lorsqu’un virus mortel infecte la population et se propage d’une personne à une autre, une des conditions de survie principale à la pandémie est d’éviter tout contact avec d’autres personnes et de se désintéresser du sort des autres jusqu’à ce que la propagation de la maladie (et la mort) ait suivi son cours. Qu’il s’agisse de semaines ou de mois.

Puisque vous ne saurez pas qui est infecté, vous devrez rester loin de tout le monde en dehors de votre sphère familiale. Par conséquent, pour être complètement préparé, vous devez avoir la capacité de vous mettre en quarantaine au plus tôt. Se confiner implique de ne pas sortir là où se trouvent d’autres personnes potentiellement infectées.

Au début d’une pandémie, la plupart des gens ne réaliseront pas pleinement ce que la situation implique. Ils continueront à suivre leurs routines quotidiennes habituelles… aller au travail, au supermarché, au cinéma, à la piscine, dans les transports en commun, etc. Ils s’exposeront aux conséquences potentiellement mortelles de la pandémie.

Presque toutes les maladies transmissibles ont une période d’incubation durant laquelle le sujet infecté ne présente pas encore de signes de maladie. Et très souvent, une personne peut être contagieuse pendant un à plusieurs jours ou plus avant de présenter des symptômes.

En cas de pandémie, ou de signes forts de pandémie :

  • Vous n’allez plus pointer au travail.
  • Vous ne voyez plus vos amis.
  • Vous n’ouvrez plus votre porte. A qui que ce soit.
  • Vous ne vous rendez plus dans les magasins pour faire les courses.
  • Vous ne sortez plus dans les rues de la ville sans avoir une excellente raison de le faire.

Ce qui veut dire que vous devez avoir tout ce dont vous avez besoin à la maison. En grande quantité.

Si vous voulez survivre à une pandémie, voilà la question n°1 que vous devez vous poser : êtes-vous prêt à vous mettre en quarantaine pour 30, 60, 90 ou 120 jours ?

Et la réponse que vous donnerez dépend de ces 4 autres :

Si vous avez couvert ces 4 sujets, vous êtes déjà très avancé dans votre plan d’urgence pandémie. J’insiste particulièrement sur le matériel à stocker en cas de crise, ne lésinez pas sur les quantités. Sachez que selon toute vraisemblance, si vous devez vous confiner vous en prendrez pour minimum 60 jours après le démarrage de l’effondrement sanitaire.

Pandémie et masques de protection

La question des masques de protection est complexe. Je vais aller à l’essentiel : les masques en papier norme FFP2 sont avant tout efficaces pour empêcher un sujet malade de contaminer des sujets sains. C’est avant tout le malade qui doit porter le masque et il doit en changer toutes les 2 ou 4 heures en fonction du stock de masques disponible. En revanche ces masques ne vous protégeront pas d’une éventuelle contamination si vous êtes le/la seul(e) à en porter. Les plus efficaces sont ceux en forme dite « bec de canard » et je vous recommande de toujours en avoir un stock raisonnable, soit environ 100 pièces.

Les masques de protection chimique et bactériologique, souvent désignés comme « masques à gaz » que l’on peut voir sur les équipes RNBC sont le seul moyen de protection valable contre la contamination. Mais, il y a un grand mais. Ces équipements sont chers (environ 500€ pour un modèle sérieux), inconfortables, complexes à entretenir et à utiliser, étouffants et ont une date de péremption. Je ne parlerai même pas de la logistique et des moyens requis pour avoir sans cesse un stock de cartouches de rechange d’avance.

La plus grande faiblesse de ce système est à mon sens le sentiment de claustrophobie qu’il peut déclencher au plus aguerri des soldats au bout de quelques minutes : la buée aveuglante, la chaleur suffocante et la résistance à la respiration du masque sont très dures à supporter (pour ma part je tiens 45mn-1h maximum avant de péter les plombs, pourtant je ne suis pas claustro). Imaginez ça sur le visage de votre femme ou de votre enfant (sans parler de la taille unique qui ne correspond pas à tout le monde) et vous comprendrez pourquoi je trouve que ces masques ne sont pas une solution viable.

Hygiène et contamination

L’hygiène est la base d’une bonne santé. 3 actions simples effectuées par chacun permettent de limiter efficacement les risques de contamination :

  • Le lavage des mains et des avant-bras: chacun doit se laver les mains et les avant-bras jusqu’au coudes fréquemment, en particulier avant et après avoir mangé et après être passé aux toilettes.
  • La désinfection systématique des toilettes et des poignées de la porte concernée après utilisation.
  • Le port permanent du masque FFP2 bec de canard afin d’éviter les échanges de fluides.

Dans les épisodes pandémiques, l’eau de javel joue un rôle important dans la décontamination des objets touchés par de nombreux individus : poignées de portes, de placards, objets d’usage fréquent (radio, télécommande TV, etc.), robinets, lunette et cuvette des toilettes…). A ce titre, je vous recommande d’avoir un stock conséquent d’eau de javel et de garder en tête que c’est un produit qui perd assez rapidement ses qualités chimiques, il faut donc constamment renouveler votre stock.

Il est primordial de n’avoir aucun contact avec la salive, l’urine ou les selles d’autres individus, même s’il s’agit de votre mari, de votre femme ou de vos enfants. Si chacun porte un masque FFP2 bec de canard changé toutes les 2 ou 4h et désinfecte les toilettes après y être passé, le risque de contamination chute très fortement.

Quarantaine et vie en immeuble

Quant on vit en appartement dans un immeuble, on partage bien plus que ce que l’on voudrait avec ses voisins. Une des actions prioritaires doit être de condamner les bouches d’aération de votre appartement qui sont reliées au système de ventilation du bâtiment.

Les germes s’accumulent dans ces conduits qui distribuent tous les appartements de l’immeuble. Elles sont généralement situées dans la salle de bain, la cuisine et les toilettes. Je vous recommande de plaquer une double couche de cellophane sur ces bouches de ventilation et de recouvrir le tout de duct tape de façon à ce que ce soit parfaitement hermétique. Pour aérer, vous pourrez ouvrir vos fenêtres quelques minutes par jour, c’est plus sûr et plus sain.

Calfeutrez également le haut et le bas de votre porte d’entrée avec du duct tape ou des boudins de mousse prévus pour cet usage. Vous pouvez également tendre une bâche résistante devant votre porte pour limiter encore plus les échanges d’air. Moins vous recevrez d’air provenant des autres habitants de l’immeuble, plus vous aurez de chance d’échapper à la contamination.

Dans les circonstances où une personne qui ne fait pas partie de votre premier cercle viendrait frapper à votre porte, il est évident que vous devrez la considérer comme infectée et que vous ne devrez pas ouvrir votre porte. C’est dur et même inhumain, mais c’est ce qui est nécessaire pour survivre et protéger vos proches.

Si un de vos proches vous rejoint après votre confinement, cette personne devra être mise en quarantaine dans une pièce isolée avec de l’eau, des vivres et de quoi faire ses besoins le temps de s’assurer qu’elle n’est pas contaminée. De nombreuses infections virales se manifestent dans un délai de 3 à 10 jours. L’idéal est que chacun porte en permanence un masque FFP2 bec de canard afin d’éviter tout risque de contamination.

Idéalement, la zone de quarantaine serait un lieu distinct de vos propres quartiers d’habitation. Cela peut être une cave, un box, un studio attenant… Si vous choisissez d’utiliser une pièce dans votre appartement il faut qu’elle soit ventilée par l’air extérieur et dotée d’une porte verrouillable qui ferme hermétiquement, elle ne doit surtout pas être reliée au reste de l’habitat.

Quarantaine et santé quotidienne

La santé au quotidien en temps de pandémie ne doit pas être prise à la légère. Il faut éviter toute activité où il y a un risque de blessure grave et avoir à disposition de quoi soigner les maux courants (aspirine, doliprane, smecta, spasfon, etc.).

Je vous incite fortement à vous procurer l’excellent livre « Là où il n’y a pas de médecin » qui est une aide précieuse pour gérer des situations d’urgence quand on ne peut pas se rendre à l’hôpital ni consulter un médecin.

Toi qui me lis et qui a une maladie chronique qui t’oblige à prendre des médicaments chaque jour à heure fixe, écoute-moi bien. Tes médicaments coûtent cher et sont peu demandés ce qui veut dire que dans le meilleur des cas, ta pharmacie de quartier a de quoi te fournir pour 2 mois. Je le redis d’une façon différente : en cas de problème, ton pharmacien, s’il est encore en vie et si la pharmacie n’a pas brûlée, aura au mieux de quoi te faire tenir 60 jours. Passé ce délai si tu fais une crise, soit tu prends le risque d’aller voir ce qu’il reste des urgences hospitalières soit tu y restes. Comme ton traitement coûte cher et que vous êtes 2% de la population à en avoir besoin, les pharmacies en commandent peu et ne te donneront jamais plus de 2 mois de médication. Va vite voir ton médecin traitant et demande-lui de te faire une ordonnance renouvelable avec les quantités pour 12 mois car tu pars faire un tour du monde. 365 jours de visibilité, c’est plus sûr.

Pandémie et évacuation sanitaire

Fuir son domicile principal est une décision lourde de conséquences et je vous recommande la lecture de mon article sur l’évacuation si ce n’est pas déjà fait. En cas de pandémie plus que dans tout autre cas de figure, l’évacuation n’est viable que si votre point de chute est doté de stocks d’équipements et de vivres adéquats. Si vous fuyez vers une province isolée pour vous ruer dans un centre commercial, vous obtiendrez l’inverse de ce que vous recherchiez. Et encore faut-il pouvoir y arriver.

Qu’avez-vous prévu en cas de pandémie ? Venez discuter dans les commentaires !

Légendat